
Je le connaissais surtout comme acteur mais c'est à sa mort que j'ai appris quel précurseur, quel provocateur il était. Dans les années 70, Jean Yanne a réalisé une série de brulots contestataires.
Il y dénonce les méfaits du capitalisme, de la société de consommation, du pouvoir, de l'argent, des curés, des flics, des militaires, de la télévision, de la publicité...
Un homme libre, voilà qui était Jean Yanne et c'est pour cela que l'aime.
D'ailleurs, il a vengé tous les salariés du monde grâce à sa démission radiophonique dans "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".
"Plantier, vous êtes un con. Vous me trouvez grossier, et moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire. Vous ne comprenez pas ? Je vais vous expliquer : dire merde ou mon cul, c’est simplement grossier. Maintenant voyons donc tout ce qui est vulgaire : prendre une voix feutrée et sur un ton larvaire vendre avec les slogans au bon con d’auditeur, les signes du zodiaque ou le courrier du cœur. Connaissant son effet sur les foules passives, faire appel à Jésus pour vanter la lessive. Employer les plus bas et les plus sûrs moyens, faire des émissions sur les vieux, sur la faim, le cancer. Enfin, jouer sur les bons sentiments afin de mieux fourguer les désodorisants. Tout cela c’est vulgaire, ça pue, ça intoxique mais cela fait partie du jeu radiophonique. Vendre la merde, oui, mais sans dire un gros mot. Tout le monde est gentil, tout le monde il est beau. Mais là, mon cher Plantier, vous ne pouvez comprendre et dans un tel combat, je ne puis que me rendre. Alors Plantier, salut, je préfère me taire. Je crains, en continuant, de devenir vulgaire."